Arbres sur bois

Huile sur contreplaqué de récupération, 32 sur 88 cm

Huile sur contreplaqué de récupération, 32 sur 88 cm

Panneaux de fibre de bois, contreplaqué, planches, toute sorte de matériaux dérivés du bois utilisés dans la construction de meubles, carton laminé, sans oublier bien sûr le papier, le carton et la toile – à tous ces supports, je trouve des avantages et je les choisis selon le sujet du tableau. Mais c’est souvent le support qui décide du sujet.

La série Fenêtres a été (et est toujours, puisqu’elle continue) peinte sur toile, parce que c’est le travail de la couleur qui m’intéresse ici en priorité. En revanche, les Jardins ont « exigé » l’usage du contreplaqué et des panneaux de fibre de bois, si bien que le deuxième tableau de la série est peint tout simplement sur un fragment de lourde porte en bois. De cette façon, le tableau intègre son propre encadrement (doré – cela va de soi!), et son poids et sa solidité correspondent très bien à mon rapport à ce jardin en particulier.

J’ai appris l’importance du support sur lequel je peins il y a longtemps, en essayant de peindre des arbres. Il ne s’agissait pas d’un paysage très important ni très beau – mais de ce pouvoir d’attraction et de fascination qu’ont les arbres.

Ce besoin était né parce que j’avais enfin, au bout des années d’efforts, un petit bout du monde à moi – une petite étendue d’herbe à moi, et un arbre, justement. C’était une obsession, comme celle d’un enfant qui veut absolument avoir son chat, son chien ou sa perruche. Je devais être animée de la même impatience, même obstination et, vraisemblablement, de mêmes désirs pas tout à fait identifiés, puisque je me réjouissais comme une enfant de ce que j’allais être la seule à toucher cet arbre.

Le rêve s’était presque réalisé : il y avait un jardin, il y avait des arbres, mais pas tout à fait ceux que j’avais imaginé. Ils poussaient à la limite du terrain, mêlés à la haie, aussi inaccessibles depuis le jardin que depuis la rue. Mais au moins – ils étaient là. Certes, je me sentais un peu comme l’enfant qui rêvait à un animal de compagnie que l’on pourrait caresser et cajoler, et à qui on a offert un aquarium avec des poissons rouges… Tant pis, moi au moins, je pouvais me mettre tout de suite à planter quelques buissons, fleurs, et des arbres.

Mes arbres poussaient tranquillement, et moi, je multipliais des tentatives en peinture. Sans succès. Un jour, par hasard, je suis tombée sur un élément d’un meuble. Je n’ai jamais su ce que cela pouvait bien être à l’origine. Peut-être une petite table, ou le dessus d’une commode ? Cela fait 88 centimètres sur 32, des planches transversales y sont attachées en-dessous, et le revêtement est gondolé, et même craquelé par endroits.

Trois teintes de bleus très sombres, appliquées directement sur le bois, sans sous-couche, et absorbées par le support à des vitesses différentes, ont donné un fond monochrome, mais pas monotone, d’autant plus que la surface, craquelée, est par endroits traversée de côtes et de sillons comme l’écorce de certains arbres.

Les couronnes, entrelacées à la manière des motifs celtiques, doivent venir de mes rêves d’arbres protecteurs, dont le silence recouvre le monde extérieur entier.

Huile sur panneau de fibre de bois, 31 sur 90 cm

Huile sur panneau de fibre de bois, 31 sur 90 cm

L’Arbre II est complètement différent. Seule la couronne a gardé l’inspiration celtique, mais les couleurs et l’idée générale entière ont changé. Avec elles a changé le matériau. Ici, une panneau de fibre de bois a été tout à fait suffisant. Bien sûr, j’ai utilisé sa face rugueuse qui, une fois couverte de peinture, rappelle la texture d’une toile épaisse. J’aime beaucoup ces envers des panneaux de fibre, ils sont plus chaleureux et plus agréables lorsqu’on les travaille.

Le motif de l’arbre revient d’un tableau à l’autre, comme un élément important, ou comme sujet principal.

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A propos elaprokopek

Je suis née il y a suffisamment longtemps pour pouvoir utiliser en toute légitimité la phrase « de mon temps... » - ainsi que quelques autres qui sont le privilège de l'âge, à l'exception peut-être de « ah, les jeunes de nos jours... » - puisque je considère la jeunesse comme une espèce éteinte. Je peins, je fais la cuisine, le ménage ; je regarde, j'attends, j'écris... Un jour, la peinture a rejoint dans ma vie l'écriture, si bien que l'un commente l'autre et inversement.
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