Fenêtre 4

Huile et acrylique sur toile, 115 x 80cm, 2012

Huile et acrylique sur toile, 115 x 80cm, 2012

Le sentiment d’être sans abri est probablement connu universellement. Je l’ai connu pour la première fois, de manière consciente, pendant mes études et dans les premières années de la vie autonome, faites de déménagements entre appartements, chambres louées par-ci par-là ou les résidences universitaires : l’instabilité, l’absence d’un lieu fixe. Ensuite, j’ai appris à reconnaître ce sentiment en voyage. C’est ce moment où l’on arrive dans un endroit nouveau et on ne sait pas encore où l’on va dormir, ni si l’on va trouver une place pour déposer son sac à dos, enlever ses chaussures, se laver. Dans ces moments-là, les lumières claires des fenêtres suscitent la nostalgie, mais aussi l’envie. Elles offrent ce qu’il y a de plus simple – l’abri – mais qui ne nous est pas destiné. Elles sont donc claires, mais non de cette clarté chaude des tons de jaune. Elles sont visibles, mais lointaines. En revanche, autour de nous, il y a tout ce chaos dans lequel nous sommes englués. Le chaos de plusieurs couleurs, plusieurs sentiments – puisque ce moment d’être sans abri contient aussi de la curiosité, de la passion, de l’espoir. Il ne se réduit pas du tout à notre fatigue, peur et incertitude.

Le quatrième tableau de la série a connu une période de gestation la plus longue, et il a le plus évolué pendant ce processus. Il a atteint la forme finale il y a moins de deux ans, pendant les recherches d’une maison, et le déménagement, qui a duré plusieurs mois. Encore un déménagement.

Les deux points des fenêtres sont froids, c’est la froideur du blanc. L’une n’assure plus la chaleur, l’autre ne peut pas encore en donner. Les deux portent la trace de ces sentiments chaotiques, de ces couleurs, qui circulent entre les deux et s’entremêlent.

Il est vrai qu’elles sont clairement séparées, mais laquelle est laquelle ? Cela varie selon l’intensité du sentiment d’être sans abri.

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A propos elaprokopek

Je suis née il y a suffisamment longtemps pour pouvoir utiliser en toute légitimité la phrase « de mon temps... » - ainsi que quelques autres qui sont le privilège de l'âge, à l'exception peut-être de « ah, les jeunes de nos jours... » - puisque je considère la jeunesse comme une espèce éteinte. Je peins, je fais la cuisine, le ménage ; je regarde, j'attends, j'écris... Un jour, la peinture a rejoint dans ma vie l'écriture, si bien que l'un commente l'autre et inversement.
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