Ma présentation

Je suis une « championne des décisions manquées. Non pas « mauvaises » mais toujours pas justes ». C’est de cela que vient mon impatience, de cela la nécessité de tout recommencer et de chercher les solutions nouvelles, meilleures. Ma peinture est rapide, agressive, faite des couleurs fortes et intenses. Le monde féerique, quelque peu déformé de mes tableaux est peut-être une forme de psychothérapie, une manière d’enrichir la vie en éléments inaccessibles mais tellement désirables dans une existence enfermée comme par un mauvais sort entre la maison, le travail, les courses, les soucis quotidiens, les enfants, les maris, les femmes, les écoles… Mes tableaux sont pourtant loin d’arranger simplement la réalité, d’une enjolivure à la manière de botox ou de Photoshop. Il s’agit plutôt des tentatives de voir des choses ordinaires d’une manière magique, et peut-être plus vraie. Plissez un peu les yeux, penchez la tête et regarder l’arbre, l’oiseau ou les fleurs du jardin… Les couleurs changent, les contours des formes et des objets s’estompent ou s’accentuent. Vous verrez l’esprit de l’arbre, l’essence de l’oiseau. Le village derrière une colline devient un lieu mystérieux et le visage dans le miroir – million de visages dotés d’une sensibilité semblable. La peur, l’incertitude, l’espoir, la confiance naïve – tout cela enfermé dans de maladroits récits, faits de lumière et de couleurs criantes, sur des questions universelles.

Près de la frontière du kitsch – comme la vie est proche de celle du ridicule – comme bien des drames vus de loin, dangereusement près du besoin refoulé d’embellir ce qui est trop habituel, trop normal. Sans règles, prescriptions ni principes. Dans une de ses interviews, Jerzy Nowosielski dit qu’il « aimait l’art parce que là tout lui était permis ». Je me plais à reprendre cette citation dans laquelle je trouve une justification pour les défauts, manquements et imperfections techniques de mes tableaux, ainsi que pour les expériences incessantes avec la forme, la couleur et la façon de raconter.

Mes études en science politique à l’Université Jagiellone de Cracovie m’ont donné la connaissance des mécanismes qui régissent le monde indispensable à l’artiste ; l’absence d’études artistiques m’a donné l’ignorance des règles et principes indispensable pour parler aux gens ; mon travail de journaliste m’a permis de développer la capacité instinctive à toucher les gens, leurs faiblesses, leurs rêves, ambitions, attentes. L’âge m’a donné l’expérience qui permet d’accepter les imperfections, erreurs et espoirs humains avec le sourire de la compréhension. Je suis une non-artiste. Je ne suis plus journaliste. J’ai quitté Cracovie, ville que j’ai aimée, en abandonnant mes amis, mon travail et la Place du marché imprégnée d’alcool et de conversations délirantes jusqu’au petit matin. En France (juste pour un moment!) je me sens en même temps étrangère – la barrière de la langue est si sensible pour quelqu’un qui illustre des mots par des images et décrit des images par des mots – et chez moi – les gens sont partout les mêmes. Les sentiments sont partout les mêmes. Nous souffrons tous de la même façon, nous nous réjouissons de même et nous redoutons de même l’avenir commun.

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