Bio

Une chaude journée de juin 1961, après avoir quitté de mauvaise grâce un groupe d’amis qui fêtaient le début des vacances, un couple de jeunes gens, une femme en une grossesse avancée et un futur père – montèrent sur une moto pour gagner la prochaine maternité. La future mère engloutit un saladier de fraises au sucre, puis donna naissance à une fille, Elżbieta.

Ela passe son enfance au Sud-Est de la Pologne (voïvodie Sainte-Croix), en changeant souvent, au gré des déplacements de ses parents, de domicile. Pendant les vacances passées chez ses grands-parents, où elle est entourée de vieille porcelaine et de jardins marécageux pleins de saules et de roseaux, elle connaît ses premières inspirations artistiques : les sculpteurs Gustaw Hadyna et Józef Opala(1) sont des amis de la famille. C’est aussi chez ses grands-parents qu’elle peint, en 1966, sa première œuvre satisfaisante – un portrait de chat dans un décor bucolique. Elle y travaille, sous le regard attentif et exigeant de son grand-père Teofil, pendant deux semaines.

Au lycée, elle participe à ses premiers concours plastiques et littéraires. Elle travaille à la gouache et au tempéra et observe les étudiants des Beaux-Arts venus à Opatów faire leur plein-air, mais c’est bien le goût de l’écriture qui motive son choix des études. La faculté des Sciences politiques au Département de Droit et d’Administration de l’Université Jagiellone de Cracovie lui permet d’approfondir son travail littéraire tout en restant en contact avec des institutions culturelles et artistiques. C’est ce qui l’intéresse dans son travail au Département de la Jeunesse de l’Hôtel de Ville de Cracovie où elle reste un an, puis à la Télévision Cracovie où elle travaille ensuite pendant huit ans.

En 1987 elle donne naissance à un fils aux yeux verts, en 1993 – à un fils aux yeux bleus. Avec son mari, elle achète et rénove entièrement une vieille maison en ruines dans un beau village proche de Cracovie, Bolechowice. Mettant à profit l’expérience ainsi acquise, elle se lance dans la décoration des intérieurs ; en parallèle, elle écrit et illustre des livres pour enfants. Elle abandonne son travail à la télévision locale et renoue avec la peinture : elle est fascinée par l’art naïf, art brut et le kitsch, s’inspire de Nikifor Krynicki, du Douanier Rousseau et de Gaston Chaissac. Elle puise dans les motifs ethniques et « populaires ». Ses travaux intègrent alors des éléments de récupération dont elle se sert dans ses projets de décoration.

À partir de 1996, Ela renoue avec le travail dans les institutions culturelles. Elle s’occupe d’abord de l’éducation, gérant les cinq écoles primaires et trois collèges de la Commune de Zabierzów avec deux collègues et trois vieux ordinateurs, puis elle devient Rédacteur en chef du mensuel local. Elle s’implique dans la vie culturelle locale, participant aux côtés de la directrice de la Maison de la culture locale des expositions, des concerts et des concours littéraires qu’elle promeut à travers son mensuel. Cette période, grâce au dynamisme de la Maison de la culture, lui permet de travailler avec plusieurs ateliers plastiques, des groupes de musique et des artistes individuels.

Elle multiplie des voyages – la Chine, Népal, Maroc, Italie, Espagne, Égypte, Vietnam, Cambodge, Syrie – trouvant dans chaque pays d’autres inspirations. Sa peinture, inspirée de Hundertwasser et de Jean Dubuffet, s’oriente vers des tableaux de grand format sur bois et contreplaqué. Quelques-uns de ses tableaux trouvent des acquéreurs au Maroc, en France et en Syrie.

L’année 2004 est une rupture. En septembre, elle part pour la France où elle organise à nouveau sa vie et celle de sa famille. En octobre décède prématurément son père, un ami difficile, avec qui elle était très proche. En essayant de retrouver un ordre dans son monde, elle revient à Zbigniew Batko(2), ou Isabel Allende, sans rejeter Agatha Christie ou Simenon. Elle invente le personnage magique de Mélanie qui commence à hanter ses tableaux et ses récits. Stasys Eidrigevicius, Jerzy Nowosielski, Tadeusz Makowski, Soutine ou encore Chagall sont de vieux amis qui aident Ela à vivre cette période de sa vie.

En octobre 2012 elle est invitée par Marie Clément-Le Brenn à exposer avec elle au Château-hôtel de Colombier, à Saint-Malo.

Depuis juillet 2011, Ela vit et travaille à La Ferté-Milon, une belle et calme localité à la limite des départements de l’Aisne, de l’Oise et de la Seine-et-Marne.

Coupure du journal "L'Union": article sur l'exposition au château du Colombier à Saint-Malo

Coupure du journal « L’Union »: article sur l’exposition au château du Colombier à Saint-Malo

Vous trouverez cet article ici: http://www.lunion.presse.fr/article/autres-actus/la-ferte-milon-une-milonaise-expose-a-saint-malo

La même exposition, annoncée dans le journal local "Pays Malouin"

La même exposition, annoncée dans le journal local « Pays Malouin »

 

(1) Sculpteurs particulièrement actifs dans les années 1970 et très liés à leur région d’origine. Ils puisent leur inspiration dans le paysage local et dans la tradition populaire qu’ils entendent réinterpréter.

(2) Zbigniew Batko (1940-2007) était d’abord traducteur – il a traduit une cinquantaine de romans de l’anglais, parmi lesquels les romans de J. Steinbeck, V. Nabokov, J. Joyce, J. Updike ou encore J. M. Coetzee – et scénariste de dessins animés. L’inspiration pour Ela vien surtout du premier roman écrit par Batko, Z powrotem, czyli fatalne skutki niewłaściwych lektur (« De retour, où les résultats désastreux des lectures inappropriées »), paru en 1985. Ce roman, proche d’Alice au pays des merveilles par son atmosphère grotesque, et nourri d’innombrables références littéraires, a été illustré par Stasys Edrigevicius.

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